Mme BALTATZIS : M. Droutsas se trouve à Londres dans le cadre de la Conférence sur l’Afghanistan. Dans un même temps, d’après des informations qui nous ont été parvenues, le ministre adjoint des Affaires étrangères aura des entretiens intéressants. M. Droutsas je vous souhaite la bienvenue à notre émission.
M. D. DROUTSAS : Bonjour Mme Baltatzis et bonjour à vous chers auditeurs.
Mme BALTATZIS : Alors, passons tout de suite dans le vif du sujet. Tout au long de cette semaine, on constate une mobilisation de notre pays et une intensification des contacts exploratoires entre la Grèce et la Turquie au niveau technique et politique à la fois.
Dans sa réponse, M. Erdogan a affirmé que la lettre de M. Papandréou était « porteuse d’espoir ». Pourriez-vous nous décrire le climat ?
M. D. DROUTSAS : Avec grand plaisir Mme Baltatzis. Je voudrais tout d’abord vous dire que nous n’avons pas encore entamé les processus. Au stade actuel les deux pays, la Grèce et la Turquie ont exprimé de manière claire leur volonté d’entamer de nouveau un processus de coopération. Cette coopération sera développée dans divers domaines que nous allons examiner dans la période à venir.
Comme vous l’avez très bien affirmé, le Premier ministre grec a envoyé une lettre en réponse à la lettre de son homologue turc dans la quelle il fait justement preuve de cette volonté de mettre en place une coopération avec la Turquie. Et, aujourd’hui j’aurai une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutoglu ici à Londres en marge de la Conférence internationale sur l’Afghanistan.
Mme BALTATZIS : J’imagine M. Droutsas que cette rencontre avec M. Davutoglu s’inscrit dans la lignée des rencontres tenues lundi et mardi derniers. Vos entretiens porteront-ils sur un dossier précis ?
M. D. DROUTSAS : Tel est justement notre objectif aujourd’hui, à savoir donner une suite à la volonté exprimée par les deux Premiers ministres d’établir une coopération.
Il existe certaines réflexions, certaines idées dans ce sens. Il y aussi les expériences précieuses acquises lors d’un processus similaire qui a été mené dans le passé. Et je me réfère notamment à la période 1999-2004.
Je pense que ces expériences ont été précieuses. En outre, nous avons eu de bons résultats. Toutefois, je ne veux pas dire que toutes les questions ont été réglées. Au contraire, dernièrement nous constatons une tension dans nos relations. Nous ne voulons pas que cela constitue une entrave à notre objectif mais plutôt une raison de plus pour entamer de nouveau un processus de ce genre. Pour faire cet effort, et ce, toujours dans l’intérêt de la Grèce et du peuple grec.
Mme BALTATZIS : M. Droutsas, d’après ce que vous dites mais aussi d’après le reportage correspondant, nous comprenons que l’objectif du ministère des Affaires étrangères est de reprendre les pourparlers au point où ils ont été interrompus sous le gouvernement de M. Simitis. Par conséquent, la question est de savoir sur quel sujet porteront les pourparlers, sur la question du plateau continental ?
M. D. DROUTSAS : Dans le cadre des contacts exploratoires, nous voulons aborder la question relative à la délimitation du plateau continental en mer Egée. Et, nous l’avons, à maintes reprises, affirmé, nous voulons que ce processus soit mené dans un délai précis, sinon nous risquons de ne jamais parvenir à un résultat.
Nous voulons à travers ces contacts déployer des efforts et voir à quel résultat nous pourrons parvenir. Et, si nous ne pouvons pas parvenir à un accord, nous pourrons ensemble saisir de cette question la Cour internationale de la Haye. Il s’agit d’une position ferme de la Grèce que ce gouvernement veut également adopter et mettre en pratique de manière efficace.
Mme BALTATZIS : Quelle est l’évaluation politique ? Est-ce que c’est un bon moment pour les deux pays ? Quelle votre évaluation ?
M. D. DROUTSAS : Chacun peut avoir sa propre opinion concernant cette question. En ce qui me concerne, je pense que l’on ne doit pas attendre le bon moment mais agir en sorte que le moment devienne favorable. Sinon, du temps précieux est perdu.
Mme BALTATZIS : Vous entamez le processus.
M. D. DROUTSAS : L’heure est venue d’entamer ce processus. Je voudrais encore une fois souligner que nous recevons des messages positifs de la part des dirigeants politiques de la Turquie, du Premier ministre turc et du ministre turc des Affaires étrangères.
Nous avons le sentiment que l’autre partie a la volonté de consentir avec nous cet effort sincère pour identifier les domaines dans lesquels nous pourrons coopérer afin d’étendre nos efforts aux questions difficiles aussi.
Tel est l’effort consenti et je pense que ce soir j’aurais une rencontre constructive avec M. Davutoglu.
Mme BALTATZIS : Maintenant je ne peux que vous poser une question sur l’annulation de l’accord portant sur la délimitation des eaux territoriales par la Cour constitutionnelle de l’Albanie. Allez-vous avoir une rencontre aujourd’hui avec votre homologue albanais ou y a-t-il déjà eu une rencontre ?
M. D. DROUTSAS : J’ai eu une première rencontre de courte durée avec le ministre albanais des Affaires étrangères, M. Meta en marge de la Conférence internationale sur l’Afghanistan ici à Londres.
J’ai bien entendu exprimé notre contrariété à l’égard de cette évolution. Cela est bien évident. Et je lui ai demandé de nous informer sur les détails de cette décision ainsi que sur ses intentions concernant cette question.
Je voudrais de nouveau souligner que la partie albanaise lors de tous les contacts que nous avons eus et avons, signale que cet accord signé avec la Grèce est important et constitue une priorité pour le gouvernement albanais aussi. Et je pense que nous parviendrons à trouver les modalités nécessaires pour donner suite à cette question.
Toutefois, force est de signaler qu’il s’agit d’une évolution résultant d’un processus intérieur de l’Albanie et bien que nous ne soyons guère contents de cette évolution, nous devons la respecter car nous n’avons pas d’autre choix. Comme je l’ai déjà affirmé, nous sommes en contact avec le gouvernement albanais et je pense qu’une solution sera trouvée.
Mme BALTATZIS : Je sais que le ministre des Affaires étrangères de l’ARYM, M. Milososki veut également s’entretenir avec vous, c’est pourquoi j’ai affirmé au début de l’émission que vous auriez des entretiens importants à Londres. Est-ce que cette rencontre a déjà eu lieu ?
M. D. DROUTSAS : M. Milososki a demandé à s’entretenir avec moi et j’ai bien entendu affirmé que j’étais à sa disposition.
Mme BALTATZIS : Lors de cette rencontre aussi des questions importantes devront être évoquées Monsieur Droutsas.
M. D. DROUTSAS : Cette rencontre aura lieu à l’issue des travaux de la Conférence ici à Londres tard dans l’après midi.
Mme BALTATZIS : Est-ce que vous irez à Davos aussi ?
M. D. DROUTSAS : Non, je n’irai pas à Davos. Le Premier ministre est à Davos. Au début de la semaine prochaine j’effectuerai une visite à Washington où je m’entretiendrai avec des hauts fonctionnaires du State Department ainsi qu’à New York où j’aurai une rencontre avec le Secrétaire général des Nations Unies.
Mme BALTATZIS: J’espère M. Droutsas que nous aurons l’occasion d’évoquer toutes ces questions car il s’agit de questions qui nous concernent et que nous ne devons pas laisser de côté. Je voudrais vous remercier de ce premier entretien que nous avons eu et vous souhaiter une bonne continuation dans votre travail.
M. D. DROUTSAS : Merci beaucoup Mme Baltatzis.