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Athènes, le 29 avril 2010


M. G. DELAVEKOURAS : Bonjour, j’aimerais commencer par le programme des chefs politiques. Aujourd'hui, à 15h30, le ministre adjoint des Affaires étrangères participera à la rencontre du Premier ministre avec le Premier ministre de Serbie, M. Mirko Cvetkovic au palais Maximou.

 

Demain, vendredi à 11h00, le ministre adjoint des Affaires étrangères se rendra au Parlement et répondra à une question d'actualité de députés du parti du L.A.O.S. (Alerte populaire orthodoxe). A 15h00, il participera à la conférence de l'ECONOMIST qui se tiendra à l'hôtel INTERCONTINENTAL ainsi qu'à la table ronde consacrée aux relations gréco-turques. M. Ali Babacan, vice-président du gouvernement turc participera à cette discussion. M. Droutsas rencontrera M. Babacan à 15h45 à l’hôtel INTERCONTINENTAL.

 

Lundi 3 mai à 10h30, M. Droutsas rencontrera au ministère des Affaires étrangères les eurodéputés grecs, tandis qu’à 12h30 il participera à la rencontre du Premier ministre avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Bin Jassim Bin Jabr Al-Thani qui effectue une visite dans notre pays.

 

Mardi 4 mai à 11h00, le ministre adjoint des Affaires étrangères recevra le ministre des Affaires étrangères d’Egypte, M. Ahmed Aboul Gheit au ministère des Affaires étrangères.

 

En ce qui concerne le programme du Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, M. Kouvelis : lundi 3 mai à 12h00, M. Kouvelis participera à la rencontre du Président de la République avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, tandis que le jeudi 6 mai à 9h30, M. Kouvelis prononcera une allocution à la Conférence internationale de l'Association Panhellénique des Exportateurs intitulée : « Economie extravertie – lien avec l’avenir » qui se tiendra à l’hôtel « Grande Bretagne ».

 

Un congrès scientifique consacré à la lutte contre la piraterie au large de la Somalie est organisé par le ministère des Affaires étrangères mercredi 5 mai. A ce congrès, qui se tiendra dans l'Amphithéâtre Kranidiotis au ministère des Affaires étrangères, participeront des cadres du ministère des Affaires étrangères, de la marine de guerre, des représentants du milieu universitaire et autres organismes. Vous recevrez le programme que vous trouverez également sur le site du ministère des Affaires étrangères.

 

Force est de rappeler que notre pays à assumé la Présidence du Groupe de Contact pour la lutte contre la piraterie après la dernière conférence au sommet du Groupe de Contact (5e séance plénière), le 28 janvier à New York. Créé en janvier 2009 sur décision du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le Groupe de Contact est un cadre de coordination des initiatives étrangères sur la lutte contre la piraterie. La Grèce compte parmi les membres fondateurs du Groupe de Contact et a d’entrée de jeu assumé un rôle actif ; elle a participé à des opérations de l'OTAN contre la piraterie (Ocean Shield, Allied Protector) et participe à l'opération ATALANTA, la première opération européenne navale autonome. D’ailleurs, de décembre 2008 à avril 2009, notre pays a assumé la gestion de l’opération, avec en tête de mission le commandant en chef de l’opération, M. Papaïoannou. Notre pays assumera la présidence du Groupe de Contact jusqu’à la prochaine conférence, à la fin du mois de mai.

 

Je suis – votre disposition pour la séance de questions.

 

M. N. HIDIROGLOU : Monsieur le porte-parole, nous avons récemment lu dans la presse que la nationalité grecque allait être donnée à des personnes ayant leur résidence permanente à Skopje. Avant de me dire que cela relève de la compétence du ministère de l’Intérieur et avant d'invoquer la législation y relative, je voudrais vous rappeler que cela a fait l’objet d’une discussion lors du point de presse du ministère des Affaires étrangères à plusieurs reprises dans le passé - notamment en 2003 selon mes souvenirs - et je voudrais vous demander si cela est fait dans le but de trouver un « terrain d’entente » pour la résolution de la question du nom du pays voisin.

 

Par ailleurs, j’aimerais vous rappeler, avant que vous ne fassiez votre commentaire, que d’éminents ministres du gouvernement actuel, plus précisément un ministre du gouvernement actuel avait dit pendant la période électorale que cette question, à savoir celle des demandes d’obtention de la nationalité grecque ne pouvait constituer une entrave pour la résolution de la question du nom.

 

Merci. Votre commentaire s’il vous plaît.

 

M. G. DELAVEKOURAS : La législation sur la nationalité relève de la compétence du ministère de l'Intérieur et à ma connaissance, il n'y a eu aucun changement concernant l'abolition de l’ancien article 19 du code de la nationalité auquel vous vous référez. Je n’ai rien de plus à ajouter concernant cette question qui dans tous les cas n'est pas liée aux négociations menées dans le cadre des Nations Unies sur l'appellation définitive de l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine.

 

M. A. SANTAMOURIS : Monsieur le porte-parole, j’aimerais savoir si les négociations de la Grèce et de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine ont été convoquées à New York, s'ils ont discuté avec M. Nimetz, de quoi ont-ils discuté et si nous attendons une proposition concernant un nouveau tour de négociations. Par ailleurs je voudrais savoir si la question du nom est, selon Athènes, seulement bilatérale ou également bilatérale. Merci.

 

M. G. DELAVEKOURAS : L’Envoyé spécial du Secrétaire général, M. Nimetz est en contact permanent avec les deux parties, par le truchement de leurs représentants, afin de progresser dans le processus se déroulant dans le cadre des Nations unies et visant à trouver un nom définitif pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine. Cela est le cadre unique des pourparlers en cours. Concernant cette question, les résolutions du Conseil de sécurité en vigueur sont valables et ce sont elles qui définissent son caractère international.

 

Le représentant du Secrétaire général a invité les représentants des deux parties à New York et a eu des rencontres avec eux au niveau bilatéral, c'est-à-dire M. Nimetz a eu une rencontre avec chaque représentant séparément, avant-hier et hier. M. Nimetz hier, à ma connaissance, a informé à ce sujet également le Secrétaire général des Nations Unies.

 

Pour notre part, nous avons une fois de plus affirmé que la Grèce est prête à avancer vers l'atteinte d'une solution, que la Grèce vient à la table des négociations avec un esprit constructif et tient un discours franc. Nous disons ce que nous voulons exactement, nous pensons que les propositions et les idées de la Grèce sont justes, objectives et montrent la voie qui nous permettra de trouver une solution mutuellement acceptable à la question du nom.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Pour compléter la question du confrère, il semblerait que la balance penche pour « République de la Macédoine du Nord »; est-ce qu’il s’agit d’une proposition vis-à-vis de laquelle Athènes continue d'être d'accord et par ailleurs que pensez-vous de l'insistance de M. Gruevski d’organiser un référendum, quelle que soit la solution convenue.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Le nom « République de la Macédoine du Nord » est une proposition faite dans le passé par M. Nimetz, une proposition qui a été rendue publique et qui avait souvent suscité des questions dans le cadre d’interviews accordées. Je dois dire que la position de la Grèce est claire. Nous parlons d’une appellation avec détermination géographique et pour tous les usages (erga omnes).

 

Ces deux éléments sont des conditions nécessaires pour parvenir à une solution. Nous devons avoir une détermination géographique qui décrive la réalité, à savoir que la partie ne peut représenter le tout et doit être pour tous les usages pour que la situation actuelle cesse car actuellement nous sommes confrontés à des tergiversations et des violations permanentes des résolutions de l’ONU et de l’Accord intermédiaire qui a été conclu entre les deux parties.

 

Pour cette raison, donc, nous parlons d'une appellation avec détermination géographique et pour tous les usages. L'appellation « République de la Macédoine du Nord », dès lors qu’elle sera pour tous les usages, remplit manifestement ces conditions.

 

Cela étant, vous m’avez posé une question sur l’attitude du Premier ministre du pays voisin. M. Gruevski, à l’heure actuelle, tient l’avenir de son pays entre ses mains. Il tient entre ses mains son avenir euro-atlantique. Il peut devenir le leader qui ouvrira la porte de l’Europe à ses compatriotes. Ou bien il peut devenir le leader qui fermera cette porte, loin de cette famille européenne.

 

La décision lui incombe mais sa décision aura très certainement des conséquences.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : J’aimerais vous demander, cette position sur un nom avec détermination géographique se reflète-t-elle aussi dans le nom qui sera utilisé au niveau international pour la nationalité et la langue des Slaves macédoniens ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : L’objet des négociations est la définition du nom du pays voisin. C’est ce que définissent les décisions du Conseil de sécurité, c’est là-dessus que nous devons aboutir à un accord.

 

J’aimerais toutefois dire quelque chose que j’ai manqué de dire tout à l’heure pour ce qui est de la question du référendum. La question du référendum est en fait une tergiversation, car quand les chefs du pays voisin choisissent de faire un tableau noir de la Grèce à l’opinion commune de l’ARYM, quand en réalité ils conjecturent sur le résultat de ce référendum, alors on ne peut parler de référendum. On parle d'exercer une politique.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Si j’ai bien compris, cela signifie que la Grèce n’y voit aucune objection. Dès lors que l'appellation du pays est celle à laquelle conviendra également notre partie, à savoir « Macédoine du Nord », une appellation géographique erga omnes, alors Athènes ne voit aucun inconvénient à ce que la langue soit appelée «macédonienne», les citoyens «des Macédoniens», la nationalité «macédonienne», etc.

 

M. G. DELAVEKOURAS : La réponse est non. Ce que je vous ai dit est que l’objet des négociations est la définition du nom de ce pays. C’est ce sur quoi nous discutons, nous négocions. Telle est la substance de la négociation.

 

Cela étant, il y a d’autres questions liées à la question du nom du pays. Manifestement, nous n'allons pas négocier ici, dans cette salle de presse.

 

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Je le comprends, mais vous dites que cette question n’entre pas dans le cadre des négociations en cours ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous ne devons pas perdre notre objectif de vue. C’est ce que s’efforce de faire le pays voisin. Il soulève d’autres questions et les ajoute à la négociation pour écarter la discussion de son objectif. Son but est d’entraver le progrès de la négociation.

La négociation a pour objectif de trouver un nom définitif pour le pays voisin. C'est ce sur quoi les chefs de l'ARYM doivent concentrer leurs efforts pour que l'on puisse parvenir à une solution mutuellement acceptable dans le cadre des Nations unies.

  

M. D. KONSTANTAKOPOULOS : Votre point de vue est tout à fait respectable, mais cela ne répond pas à mes objections. Est-ce que la question de la langue et de la nationalité préoccupe la Grèce, la diplomatie grecque et dans quelle mesure cette question la préoccupe-t-elle ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Je vous ai dit tout à l'heure que cela était le principal objet, la substance même de la négociation, ainsi que défini par les résolutions du conseil de sécurité. Il y a d'autres questions liées, mais la question du nom est l'objet même de la négociation. Lorsque les chefs du pays voisin choisissent de les utiliser pour entraver le progrès de la négociation, nous ne devons pas la suivre. Nous devons axer nos efforts sur l’objet de la négociation.

 

Mme A. VOUDOURIS : Vous avez dit que d’autres questions étaient mises sur le tapis. Est-ce vrai ou c’est plutôt  le pays voisin qui soulève d’autres questions et la Grèce les rejette jusqu’à présent ?

 

Une deuxième question : Quelle est la réaction de la diplomatie grecque face à l’intention de Skopje d'utiliser l'adjectif « macédonienne » pour qualifier leur présidence au Conseil de l’Europe ?

 

Votre commentaire aussi sur les propos tenus par M. Milososki lequel a affirmé que la Grèce ne pourrait pas soulever la question du terme « Macédoine », alors que c’est le Conseil de l’Europe lui-même qui parle de nationalité « macédonienne », de langue « macédonienne » et des minorités « macédoniennes ».

 

M. G. DELAVEKOURAS : Nous savons très bien qui met d’autres questions sur le tapis. Le problème est que cette pratique entrave le règlement de la question. C’est à cette question que nous devons faire face. C’est pourquoi nous affirmons clairement que nous devons axer toute notre attention sur l’objet de la négociation, à savoir une solution mutuellement acceptable sur l’appellation définitive du pays voisin.

 

Pour ce qui est de la question du Conseil de l’Europe, nous avons déjà pris position à ce sujet et, malheureusement, les événements nous rendent justice car apparemment les chefs politiques de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine ont choisi d’abuser de cette institution internationale dont elle assume la présidence en vue de promouvoir ses propres positions.

 

Nous avons des contacts continus avec tous nos partenaires et avec le Secrétariat de l’Organisation internationale en vue d’assurer l’application de la résolution 23 (95) du Comité des ministres où il est expressément indiqué que l’appellation « ex- République yougoslave de Macédoine » sera une appellation pour tous les usages dans le cadre du Conseil de l’Europe.

 

Cela étant, nous constatons malheureusement, à travers les déclarations successives des chefs politiques de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine que son intention est justement d’abuser de cette présidence en vue de promouvoir ses propres positions.

 

Mme M. RIGOU : Pour ce qui est de la question chypriote, pourriez-vous nous donner un aperçu de l’avenir des négociations directes après les élections tenues dans les territoires occupés ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : S’agissant de la question chypriote, l’important actuellement est de maintenir le progrès accompli jusqu’à ce jour – ce n’est pas le progrès attendu mais c’est un certain progrès – et c’est dans ce cadre que les discussions sont engagées. Telle est la condition fondamentale aux pourparlers.

 

M. Eroglu a de temps à autre fait des déclarations – même aujourd’hui – qui suscitent des inquiétudes.  Toutefois, il est évident qu’il devra faire preuve d’une attitude constructive à la table de négociations. Autrement, il assumera inéluctablement la responsabilité pour les obstacles et les entraves qui surgiront tout au long du processus.

 

M. N. HIDIROGLOU : En vue de la visite du Premier ministre turc à Athènes, l’agenda de la visite a t-il été fixé ? 

 

M. G. DELAVEKOURAS : L’agenda de la visite est en cours d’élaboration. Toutefois, je pourrais vous donner les points principaux. Le 14 mai viendront en Grèce les ministres turcs qui participeront au Conseil de coopération de haut niveau. Par la suite, dans l’après-midi, arrivera le Premier ministre turc. Il aura des contacts et dans l’après midi se tiendra la réunion du Conseil de coopération de haut niveau avec la participation de tous les ministres de part et d’autre, sous la présidence des deux Premiers ministres.

 

Dans le cadre de cet agenda en cours d’élaboration, un forum d’affaires est prévu avec la participation des hommes d’affaires des deux pays. Le départ de M. Erdogan est prévu pour le 15 mai dans l’après-midi. Telles sont les grandes lignes du programme jusqu’à ce moment.

 

M. N. HIDIROGLOU : Par conséquent, aucune visite n’est elle prévue à l’ouest de la Thrace.

 

M. G. DELAVEKOURAS : Non, rien n’est prévu.

 

Mme RISTOVKA : Revenons sur la question du nom. Est-ce que l’appellation « erga omnes » sera utilisée dans le cadre des relations bilatérales avec la Grèce, au sein des organisations internationales et à l’intérieur du pays ?

 

 

M. G. DELAVEKOURAS : « Erga omnes » signifie une appellation valable pour tous. Il n’est pas nécessaire de l’analyser plus amplement.

 

M. PAPATHANASSIOU : Est-ce que M. Nimetz vous a communiqué ce qu’il envisage de transmettre au Secrétaire général sur ses appréciations à l’issue des rencontres qu’il a eues, à savoir sur ses intentions et les perspectives d’introduire une nouvelle proposition ?

 

Autre question. Est-ce qu’Athènes estime que l’Union européenne jouera bientôt un rôle plus actif en vue de soutenir les pourparlers bien que ceux-ci ne soient menés que dans le cadre des Nations Unies ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Pour ce qui est des informations que M. Nimetz envisage de transmettre au Secrétaire général des Nations Unies, je ne sais pas quelles sont ses appréciations. Apparemment, M. Nimetz communiquera des informations sur les positions des deux parties et on doit avouer que les messages transmis par Skopje ne sont guère encourageants. Cela dit, nous pensons qu’un travail de préparation doit être fait avant de déployer des efforts et ceux-ci doivent être consentis dans les domaines où un progrès est jugé possible.

 

M. Nimetz continuera d’avoir des contacts avec les deux parties. Toutefois, en ce moment, je ne peux vous dire en toute assurance s’il envisage d’introduire de nouvelles propositions. Je pense qu’en ce moment il est précoce de parler de propositions vu l’état actuel des choses.

 

Le processus est acquis. Il existe un processus. Le processus mené dans le cadre des Nations Unies. Comme vous le comprenez, la question du nom est liée au parcours euro-atlantique du pays voisin. Nous voulons voir le pays voisin adhérer aux institutions euro-atlantiques. Force est de rappeler que l’ARYM fait partie intégrante de l’agenda 2014. Nous pensons que les Balkans dans leur ensemble appartiennent à la famille européenne et il va sans dire que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine y est également incluse.

 

Nous pensons que le peuple voisin doit partager les valeurs européennes, le mode de gestion européen et avoir l’avenir européen qu’il mérite. C’est pourquoi, nous devons en finir une fois pour toutes avec la question du nom. Nous devons parvenir à une solution mutuellement acceptable.

 

M. A. SANTAMOURIS : Je voudrais revenir sur votre réponse à la question posée concernant le même dossier. Vous avez affirmé que nous devons axer notre attention sur le nom,  sur la négociation y relative et parvenir à une solution. Assumons que la négociation est menée et que la question est réglée, le processus de négociation entre la Grèce et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine touchera-t-elle à sa fin ou existe-t-il une autre solution à l’ordre du jour ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il existe un seul processus. Et nous devons parvenir à un accord définitif car toute autre solution fera perdurer la situation actuelle ce qui va à l’encontre de nos intentions.

 

M. A. SANTAMOURIS : Une deuxième question. Si je ne me trompe pas, il y a eu un accord signé entre Bruxelles et Ankara qui légalise en partie le droit d’Ankara de refuser l’accès à son territoire aux avions et aux navires en provenance des pays qu’il n'a pas reconnus au sein de l’Union européenne. Cela est-il valable ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Vous parlez de l’accord horizontal des transports aériens, une question à l’égard de laquelle la République chypriote a pris une position claire. Le gouvernement chypriote est en contact avec la Commission européenne et, en ce qui nous concerne, nous sommes bien entendu aux côtés de Chypre, nous participons au processus et nous soutenons la République de Chypre. C’est la question relative à la sauvegarde des intérêts de tous les Etats membres, de la République chypriote y compris bien évidemment qui fait l’objet d’un examen. Tels sont les contacts en cours actuellement.

 

Mme VOUDOURIS : En vue de la visite du Premier ministre turc, les commentateurs et si je ne me trompe pas, le parti de l’opposition – M. Samaras s’est référé à cette question dans son discours hier – expriment leurs inquiétudes à l’égard de la date à laquelle s’effectue cette visite, vu les négociations difficiles menées entre la Grèce et le Fonds monétaire international sur le mécanisme de soutien. Que pensez-vous de ces inquiétudes exprimées à l’égard du moment choisi pour effectuer cette visite ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : En ma qualité de porte-parole du ministère des Affaires étrangères, je ne peux émettre de commentaires sur les positions exprimées par les partis. Toutefois, je peux vous dire que cette visite intervient à un moment convenu par les deux pays désireux de parvenir à un approfondissement substantiel et à un élargissement de leur champ de coopération dans le cadre de leurs relations.

 

Nous parlons d’une valorisation qualitative des relations. Nous aurons en effet une coopération élargie entre dix ministres de la partie turque et sept de la partie grecque. Une réunion de coordination a eu lieu aujourd’hui avec tous les ministères impliqués de la partie grecque. Lors de cette réunion nous avons évoqué les propositions qui sont en cours d’élaboration. Nous pensons que cette coopération sera la base sur laquelle pourra être axé le rapprochement entre les deux pays et qu’elle nous permettra d’améliorer les relations entre les deux pays.

 

Tel est notre objectif et il va sans dire qu’à cette fin nous procédons pas à pas, avec prudence et toujours en fonction de l’intérêt de notre pays. Il est évident et il va de soi qu’à chaque étape de ce processus l’intérêt de la Grèce sera sauvegardée. Le progrès accompli dans des domaines précis a comme objectif l’intérêt mutuel et l’intérêt national.

 

M. TSAKAS : Le gouvernement albanais a récemment décidé d’honorer, chaque année le 28 octobre, les soldats grecs tombés lors d’opérations militaires en Albanie. Qu’est-ce cela signifie pour la Grèce, car il y a eu de nombreuses réactions comme les slogans qu’hurlaient les soldats grecs contre les Albanais pendant un défilé du 28 octobre.

 

Deuxième question : les autorités albanaises prennent un grand nombre de décisions en vue de rectifier les erreurs commises dans le passé dans les relations gréco-albanaises tandis qu’ici en Grèce personne ne prend le risque d’adopter des décisions difficiles relatives aux relations gréco-albanaises du passé. Par exemple, le parlement pourrait annuler la déclaration de guerre en vigueur depuis 70 ans. Vous dites que cette déclaration n’est pas valable de facto, mais reste valable de jure.

 

Merci.

 

M. G. DELAVEKOURAS : La contribution des héros des années 40 est énorme non seulement pour la Grèce mais pour toute l’Europe. Le combat qu’ils ont livré pour la liberté est reconnu au niveau mondial. Tout hommage rendu à ces héros est le bienvenu.

 

S’agissant des relations gréco-albanaises, force est de rappeler que le Pacte d’amitié signé entre les deux pays demeure en vigueur. La Grèce a été aux côtés de l’Albanie. Il s’agit d’un choix ferme de notre politique étrangère car nous pensons que l’Albanie doit elle aussi emprunter le chemin rapidement vers les institutions euro-atlantiques. Et la Grèce est justement le pays qui lui offre l’assistance au niveau technique, politique et économique ainsi qu’à travers les investissements. Nous voulons avoir de bonnes relations avec l’Albanie. Nous œuvrons en faveur de ces relations et nous apprécions la coopération que nous avons avec l’Albanie.

 

Au même titre, nous attendons de la partie albanaise de faire preuve d’une attitude similaire. Nous voulons que l’Albanie considère la Grèce comme un allié fiable. Par ailleurs, notre pays a soutenu l’adhésion de l’Albanie à l’OTAN. Nous voulons que l’Albanie considère la Grèce comme un partenaire futur au sein de l’Union européenne avec lequel elle œuvra en faveur du développement commun de nos deux peuples.

 

Et il est évident que dans ce cadre nous voulons davantage de coopération mais tout cela sur la base des modalités préalables définies par le processus d'adhésion à l'Union européenne, dans le respect de toutes les conditions et des critères qui existent et toujours dans le respect des règles de bon voisinage.

 

M. N. HIDIROGLOU : Ces derniers temps, nous assistons à une série de provocations contre la minorité grecque dans le nord de l'Epire et de manière générale nous observons une campagne de basse intensité contre les minorités grecques en Albanie. Est-ce que le gouvernement grec a signalé au gouvernement albanais ses responsabilités et ses obligations découlant des traités internationaux ?

 

M. G. DELAVEKOURAS : Il est très important de protéger le statut de la minorité nationale grecque en Albanie, conformément aux obligations qui ont été prises et qui sont prévues par les conventions internationales et le cadre européen. Le gouvernement albanais le sait très bien et c’est là un des éléments pris en compte lors de l’évaluation de son parcours vers l’intégration européenne. Il est manifeste que ces droits doivent être sauvegardés dans un pays qui veut devenir membre de l'Union européenne.

 

Merci beaucoup.

 

 




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