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Le ministère grec des Affaires étrangères lance un nouveau site Web à partir du 1er août 2011 à l’adresse: www.mfa.gr.

 

Ce site traite de questions d'actualité liées à la politique étrangère de la Grèce. L'utilisateur y trouvera des informations concernant les positions de la Grèce sur des dossiers régionaux et internationaux ou encore des renseignements utiles et pourra se connecter aux réseaux sociaux du ministère.

 

Ce nouveau site Internet a été développé dans son intégralité par des cadres du ministère des Affaires étrangères grâce à un logiciel en source ouverte (open source). Le principal souci de l'équipe à l'origine de sa conception était que les visiteurs puissent y trouver rapidement les informations recherchées. Le contenu multimédia attrayant permet une utilisation à la fois intéressante et facile.

 

Bientôt, tous les sites des autorités grecques à l'étranger adopteront ce modèle.

 

Bonne navigation!

(26/07/2011) Séance d’information de M. S. Lambrinidis devant les Comités « Défense nationale » et « Affaires extérieures » du parlement hell

Athènes, le 26 juillet 2011

 

 

Le mercredi 27 juillet 2011 à 11h00, M. Stavros Lambrinidis, ministre des Affaires étrangères, fera une communication d’information devant les Comités « Défense nationale » et « Affaires extérieures » du parlement hellénique portant sur des questions relevant de sa responsabilité.



(25/07/2011) Message de condoléances adressé par M. S. Lambrinidis au ministre norvégien des Affaires étrangères, M. J. Gahr Støre

 

Athènes, le 23 juillet 2011

 

Dans une lettre adressée à M. Jonas Gahr Støre, ministre norvégien des Affaires étrangères, M. S. Lambrinidis exprime son horreur devant les actes criminels qui ont été commis à Oslo et sur l’île d’Utoya.

 

Dans sa lettre de condoléances, le ministre grec des Affaires étrangères souligne que les actes de ce genre constituent une attaque contre les structures mêmes de notre société et de notre civilisation.  Leur condamnation, signale-t-il, est absolue et catégorique.

 

M. Lambrinidis exprime le soutien et la solidarité du peuple grec au peuple norvégien en ces moments difficiles ainsi que ses condoléances aux familles des victimes.

 



(21/07/2011) Interview accordée par M. S. Lambrinidis au journal polonais « Rzeczpospolita » et au journaliste M. Jerzy Haszczyńsk (21 juill

Athènes, le 21 juillet 2011

JOURNALISTE : Est-ce que tout le monde vous pose des questions sur la crise ?

S. LAMBRINIDIS : Oui, c’est vrai. Je suis subitement devenu spécialiste d’économie, bien que ma formation soit plutôt juridique. Ces questions sont bien évidentes. Non seulement parce que la crise affecte la Grèce et provient de cette dernière. Cette crise a des racines nationales, grecques mais aussi, semblerait-il, notamment ces derniers mois, des racines européennes. La Grèce est un pays riche ayant une grande capacité d’influence et ces dernières années elle n’a pas fait une bonne gestion de ses affaires. Les problèmes liés à l’économie et à la croissance datent depuis des décennies entières et non pas des années. Maintenant, nous devons remettre la Grèce sur le bon chemin, celui d’un système fiscal sain et dans le même temps mettre en place des changements structurels liés au fonctionnement des hôpitaux, des écoles et du système des retraites.

JOURNALISTE : Est-ce que l’on pourrait désigner les coupables de cette crise, à savoir un homme politique ou un parti politique ?

S. LAMBRINIDIS : La Grèce n’avait pas de développement durable. L’argent que la Grèce avait emprunté de l’étranger n’avait pas été investi de manière prudente, dans le but d’apporter des bénéfices à l’avenir. Toutefois, il ne m’appartient pas d’émettre des accusations, en désignant les coupables. Le plus important est d’assurer l’unité nationale devant cette crise. Il est temps que les Grecs fassent preuve d’une solidarité mutuelle. En outre, il est temps que l’Europe soit convaincue que nous sommes déterminés à réaliser des réformes dans notre pays.

JOURNALISTE: Dans les pays de la zone euro situés dans le nord de l’Europe, on entend dire que les Grecs ne sont pas prêts à travailler durement et qu’ils ne veulent pas faire des sacrifices ou des économies.

S. LAMBRINIDIS : Je suis bien au courant de ces accusations. Ces accusations sont fausses. Et, avant la crise, elles l’étaient aussi. Aujourd’hui, elles le sont encore plus, si l’on considère l’ampleur des mesures d’austérité qui ont été imposées aux Grecs. Ces accusations sont également réfutées par les données statistiques de l’Eurostat et de l’OCDE, portant sur les heures de travail par semaine qui dépassent la moyenne européenne ou l’âge de départ à la retraite lequel chez nous n’est pas anticipé. Une partie du problème auquel nous sommes confrontés en Europe est qu’au milieu de cette crise nous préférons plutôt livrer des attaques au lieu de nous soutenir mutuellement.

JOURNALISTE : Certains pensent que la crise est liée au mode de vie des Grecs qui aiment se mettre en avant et fréquenter toute la journée les cafétérias.

S. LAMBRINIDIS : Je suis bien au courant et j’invoquerai les données statistiques portant sur les heures de travail en Grèce par rapport aux autres pays de l’UE. Toutefois, je dois avouer que nous n’avons pas été productifs de manière satisfaisante. Il n’est pas vrai que nous ne travaillions pas durement. Il existe des problèmes liés à la compétitivité. Mais cette dernière est liée à une croissance équilibrée. C’est la crise qui a mis en avant les conséquences négatives liées au fait que l’économie n’est pas axée sur des investissements productifs multiformes. Quand la vache est grosse, tout le monde est content. Cela a été le cas au début de cette décennie. Lorsque nous avons adopté la monnaie unique, l’euro, tout le monde avait l’impression que l’harmonisation des économies était possible sans l’harmonisation politique et budgétaire de l’UE. Toutefois, au cours de ces onze années, les économies des pays de la zone euro, au lieu de converger, divergeaient de plus en plus. L’adoption de l’euro a fait baisser le coût d’emprunt pour les pays du sud. Il était plus facile pour un pays d’emprunter de l’argent et de se développer tout en consommant et cela a également contribué à la hausse des exportations au profit des pays exportateurs et ayant une industrie lourde.

JOURNALISTE : Sous-entendez-vous que la Grèce est déçue de la façon dont la crise et les réformes grecques sont évalués à l’étranger ?

S. LAMBRINIDIS : Non. Nous sommes reconnaissants à la Pologne, à l’Allemagne et aux autres pays qui, dans la difficulté, ont su montrer leur solidarité, ce que peut-être l’opinion commune de ces pays n’apprécie pas. Dans le même temps, nous sommes défavorables à la rhétorique de la punition et de recherche des coupables. On doit mettre fin à cette rhétorique. Les Grecs ont commis des erreurs et plus précisément ce sont leurs gouvernements qui ont commis des erreurs. Maintenant les Grecs acceptent les sacrifices et ils continueront de souffrir. C’est pourquoi il est important que cette rhétorique de la punition cesse. Montrer du doigt les coupables n’apporte rien.

JOURNALISTE : Alors puisqu’il ne faut pas parler des causes de la crise, réfléchissons à l’avenir. Que deviendra la Grèce dans trois ans par exemple ?

S. LAMBRINIDIS : Tout changera. Pour le meilleur. Ces trois années seront très difficiles, mais personne ne s’attend à ce que ce soit facile en Grèce. Nous sommes déterminés à réaliser toutes les réformes que nous avons promises, car nous voulons changer l'économie. Mais pour y parvenir, les Grecs doivent voir la lumière au bout du tunnel et ils doivent croire qu'il y a une sortie. C'est pourquoi il faut que la discussion sur les responsables de la crise, les pécheurs et l'imposition de peines cesse.

JOURNALISTE : Est-ce que la Grèce est nostalgique de la drachme ?

S. LAMBRINIDIS : Quasiment toutes les semaines, je peux lire des articles parlant de la fin de l'euro et de la nécessité pour la Grèce de revenir à la drachme. Un tel choix nexiste pas. Ni pour la Grèce, ni pour lUE. Et il n’a jamais existé.

JOURNALISTE : Comment la crise influence-t-elle la politique étrangère ? La Grèce qui fait face à des problèmes est-elle par exemple contre l'élargissement ultérieur de l'UE ?

S. LAMBRINIDIS : Au contraire. J’ai répété lors de la rencontre des pays de l’Europe du Sud-est que la Grèce soutient l’élargissement ultérieur de l’UE aux pays des Balkans. Non seulement nous gardons le même point de vue sur la question, mais nous souhaitons encore plus être avec nos voisins du nord à l'UE.

JOURNALISTE : Qu'est-ce que la Grèce attend de la présidence polonaise de l'UE ?

S. LAMBRINIDIS : En lisant le programme, on s’attend à une présidence exceptionnelle. La Pologne souligne toutes les questions qui sont maintenant nécessaires pour l’Europe. Elle a la vision d’une Europe plus élargie et plus puissante, attachée au principe de la solidarité. La Pologne a une grande occasion d’insuffler un nouveau dynamisme à l’Europe à l'heure où celle-ci s'efforce de sortir de la crise.

JOURNALISTE : De quelle façon la crise a-t-elle influencé votre vie ?

S. LAMBRINIDIS : Il y a quelques semaines j’étais vice-président du Parlement européen et chef de la délégation des socialistes grecs. Lorsque deux jours après ma désignation au poste de ministre des Affaires étrangères j’ai rencontré au Luxembourg les chefs de la diplomatie des Etats membres de l’UE, personne ne m’a félicité, mais tout le monde m'a souhaité bonne chance. Cela en dit long.

JOURNALISTE : Il ne me reste donc plus qu’à vous souhaiter également bonne chance.

 



(21/07/2011) Déclarations de M. S. Lambrinidis et de son homologue polonais, M. R. Sikorski (Varsovie, 20 juillet 2011)

Athènes, le 20 juillet 2011

 

R. SIKORSKI:  Je suis très heureux car  l’occasion m’a été offerte aujourd’hui d’accueillir mon collègue grec avec lequel j’ai eu récemment une discussion très intéressante dans le cadre du Conseil « Affaires extérieures » de l’UE.

 

La Grèce et la Pologne sont unies par des liens d’amitié qui remontent à la Seconde guerre mondiale ainsi qu’à l’époque de l’immigration des Grecs et des Polonais. En outre, la Grèce constitue une destination de prédilection pour les centaines de touristes qui viennent visiter la Grèce en provenance de Pologne. Cette année, en raison de la présidence polonaise, je passerai mes vacances en Pologne. Mais, l’année dernière j’ai visité la Grèce et particulièrement la Crète.

 

Aujourd’hui, nous avons eu une discussion très importante. J’ai eu l’opportunité de mieux comprendre les actions entreprises par la Grèce en vue de lutter contre la crise. J’ai mieux compris la façon dont les réformes se mettent en place et cette discussion a eu un résultat très substantiel. En outre, j’ai présenté les priorités de la présidence polonaise et le ministre m’a assuré du plein soutien de la Grèce.

 

Merci beaucoup.

 

S. LAMBRINIDIS :   Chers amis, cher monsieur le ministre, c’est un grand plaisir pour moi de me trouver aujourd’hui en Pologne. Je me rappelle avec fierté en tant que Grec, le jour où à Athènes ont été signés les accords sur l’élargissement de l’Union européenne et l’adhésion dynamique de la Pologne. C’était un moment chargé d’émotions et aujourd’hui nous nous trouvons ici et c’est la Pologne qui exerce la présidence de l’UE. Je pense que la présidence polonaise sera couronnée de succès et l’Europe a aujourd’hui besoin de cette présidence.

 

L’Europe doit redécouvrir et embrasser de nouveau les grandes valeurs européennes, telles que la responsabilité de chaque Etat membre à l’égard de tous, tout comme la solidarité de tous les Etats membres vis-à-vis de chaque Etat membre séparément, afin que nous puissions sortir de cette crise plus forts.

 

La discussion que nous avons engagée aujourd’hui, les priorités de la Présidence polonaise que tu m’as présentées, attestent de la capacité de la Pologne de donner de l’espoir et d’insuffler un nouvel élan à l’Europe. Je suis convaincu qu’avec la présidence polonaise au gouvernail, nous sortirons plus forts et unis de cette crise.

 

Nous avons, bien évidemment, abordé des questions relevant de notre responsabilité. Nous avons évoqué en détail un grand nombre de questions mais nous nous sommes convenus de la nécessité de donner priorité à l’élargissement de l’Europe à l’Europe du Sud-est, aux Balkans ainsi qu’à l’est en général. La Grèce sera aux côtés de la Pologne dans cet effort.

 

La meilleure façon de renforcer les relations entre deux pays amis et d’échanger le plus régulièrement possible des visites. C’est pourquoi, je t’invite en Grèce, dès que l’occasion se présente, maintenant que votre pays exerce la présidence, en vue de présenter aux citoyens grecs et aux autres européens ta propre vision de l’Europe de  l’avenir. Ce sera un grand plaisir pour moi de t’accueillir en Grèce.

 

R. SIKORSKI:  J’accepte votre invitation et je vous en suis très reconnaissant.

 

(CNBC):  Demain, lors de la réunion à Bruxelles, seront abordées des questions ayant trait, entre autres, à la lutte contre la crise ainsi qu’à la participation du secteur privé. Qu’attend la Grèce de cette réunion et quelle sera la forme de la future aide ? En outre, hier, dans votre discours, vous vous êtes référés aux emprunts et aux taux d’intérêts. Pourriez-vous nous présenter votre point de vue plus en détail ?

 

 

S. LAMBRINIDIS :  S’agissant de la Grèce, je dirais qu’il est très important de comprendre que la Grèce a souscrit à un emprunt et qu’elle remboursera la somme qu’elle a reçue jusqu’au dernier euro. Et, nous sommes profondément reconnaissants à tous les pays qui ont contribué à cet effort. Il est évident que la Grèce est en train de consentir un effort gigantesque aujourd’hui, au prix d’énormes sacrifices du peuple grec qui subit de dures épreuves, pour changer son économie, comme il est de son devoir de le faire.

 

Par ailleurs,  il est également évident que le problème auquel l’Europe est confrontée aujourd’hui, n’est pas un problème grec. Les attaques contre des pays, tels que l’Espagne, le Portugal et récemment contre l’Italie, attestent de la nécessite d’envisager ensemble, en tant qu’Européens, les dimensions européennes de cette crise. J’espère que cette réponse commune, européenne sera le résultat de la réunion.

 

 

R. SIKORSKI:  Je voudrais également ajouter pour ma part que les pays qui sont confrontés à des problèmes doivent être toujours encouragées et poussés à surmonter certaines difficultés. Toutefois, dans le même temps, il faut donner de l’espoir, tant aux habitants qu’au gouvernement, et aussi déterminer de manière claire l’objectif à atteindre. A l’époque où notre pays s’est engagé à mettre en place des réformes très difficiles, nous nous sommes fixés un objectif clair, à savoir l’adhésion de notre pays à l’Union européenne. La Grèce déploie ses efforts à un rythme rapide. Le gouvernement grec ainsi que les citoyens grecs doivent êtres convaincus que ça vaut vraiment la peine de déployer ces efforts.

 

(Journaliste d’une station radio polonaise) :   Une question concernant l’arrestation de Hadzic: est-ce qu’après cette évolution, la Serbie obtiendra-t-elle plus facilement le statut de pays candidat et cela aura-t-il lieu au cours de la présidence polonaise ?

 

 

R. SIKORSKI:   L’arrestation de Hadzic est une très bonne nouvelle. Je tiens à féliciter le gouvernement serbe et je suis très heureux car un message clair a été envoyé aux criminels et à tous ceux qui essayent de les imiter. Le message que nous avons envoyé est le suivant : «  Messieurs, faites-attention, même si cela prendra beaucoup de temps, dès lors que vous commettez un assassinat dans vos pays, vous serez traduits en justice ».

 

S. LAMBRINIDIS :  Je pense qu’il est désormais nécessaire d’accélérer, par le biais du soutien de l’Union européenne, le processus de la pleine adhésion de la Serbie. Cela est nécessaire, notamment maintenant que la Serbie a fait preuve de son plein attachement à l’objectif de l’arrestation et à la traduction en justice de ceux qui sont accusés de crimes abominables. Nous l’avons exigé de la Serbie et la Serbie s’est conformée à cette exigence.

Je  suis également très heureux de constater qu’au cours de la présidence polonaise, les évolutions ont fait de sorte que la Croatie signera, selon toute probabilité – je ne sais pas encore l’endroit où cela va se passer – l’acte de son adhésion.  

 

 

R. SIKORSKI:  Probablement cela sera convenu maintenant car un entretien est actuellement en cours entre les Premiers ministres de la Pologne et de la Croatie.



(21/07/2011) Discours tenu par le ministre des Affaires étrangères, S. Lambrinidis devant l’Institut polonais des relations internationales

Athènes, le 20  juillet 2011

 

Points principaux :

 

• Je pense que deux des valeurs les plus importantes de l’UE sont attaquées ces dernières années. La première d’entre elles est la responsabilité. La responsabilité que chaque membre de la même famille se doit d’assumer à l’égard de ses partenaires. La deuxième valeur, qui à mon sens est attaquée, est la solidarité. La solidarité dont l’Union dans son ensemble doit faire preuve vis-à-vis de chacun de ses membres séparément. Sans ces valeurs, l’UE n’existerait pas.

 

• La valeur de la responsabilité a indubitablement été violée  par un nombre de pays européens et, comme chacun sait, par mon propre pays ces dernières années. Il y a certains critères du Traité de Maastricht que nous tous, en Europe, sommes convenus d’appliquer. En conséquence de cela, lorsque nous ne respectons pas ces critères, nous violons de manière flagrante la notion de responsabilité que nous avons en tant que partenaires. C’est la vérité et cela a été révélé à la fin de l’année 2009.

 

Malheureusement, suite à cette constatation, la discussion a été gelée à l’époque, comme si le temps s’était arrêté. Mais le temps ne s’arrête pas. Au cours des dix huit derniers mois, la Grèce a consenti un effort titanesque et sans précédent dans l’ensemble de l’UE afin de revenir à la valeur de responsabilité, et ce, tant dans son intérêt que dans celui de ses partenaires.

 

• La première chose que nous devons faire pour revenir à la deuxième valeur, sans tergiverser, est d’abandonner la rhétorique de la punition. Utiliser des termes comme « pécheur » ou « péché » ne fait aucun sens. Dans une démocratie, les hommes doivent pouvoir voir la fin du tunnel, lorsque les mesures appliquées sont si sévères et si difficiles. Et les citoyens des pays invités à montrer leur solidarité – une solidarité nécessaire pour protéger l’UE dans son ensemble – ne peuvent manifestement pas le faire s’ils ont l’impression d’aider des « pécheurs ».

 

La deuxième chose que nous devons faire est de mettre fin à toute hypothèse parlant de volonté ou de capacité de l’Europe à relever le double défi de l’endettement et de la croissance. Il faudra faire face à ces deux problèmes, rapidement et sans demi-mesures.

 

La Grèce a remboursé jusqu’au dernier euro de la somme qu’elle a reçue et elle continuera de le faire jusqu’à la fin de ce plan de réformes, en s’acquittant des intérêts, des intérêts qui plus est sont élevés. Le peuple polonais, le peuple allemand ne perdent pas d’argent. Tant que nous continuons sur la voie de la stabilisation budgétaire, des changements structurels, mais aussi de la croissance et de la lutte radicale contre la crise européenne de l’endettement, toute l’Europe sera plus forte et non le contraire. Mais ces prêts en général et le nouveau programme en particulier doivent permettre à mon pays et à d’autre pays de faire une pause pour pouvoir appliquer sans entrave les changements nécessaires. Cette pause est la clé. Des intérêts particulièrement élevés comparés à la moyenne européenne ou encore des délais de remboursement trop étroits ne permettent pas au pays de « respirer » et font constamment baisser les marchés.

 

En tant qu’Europe, nous devons également discuter très sérieusement de l’avenir de ces mécanismes de soutien très importants que nous avons créés au cours de ces dix huit derniers mois. Je veux parler du mécanisme provisoire intitulé Fonds européen de stabilité financière (EFSF) et mis en œuvre jusqu’en 2013 et du mécanisme européen de stabilité (ESM) qui est permanent. L’EFSF doit être plus flexible. Nous devrons examiner la possibilité, entre autres, pour ce mécanisme d’intervenir efficacement sur le marché secondaire des obligations.

 

 • La troisième chose que nous devons faire est d’adopter un mode de pensée plus ouvert, plus solidaire et axé sur le long terme. Jusqu’à maintenant, nous avons réussi – grâce à ces mesures importantes que nous avons prises – à éteindre des incendies isolés. Nous voyons un incendie se déclarer quelque part, nous organisons une grande rencontre, nous discutons des moyens d’éteindre l’incendie. Dans l’intervalle le feu se propage et s’intensifie. C’est à ce moment là que nous accourons pour l’éteindre en jetant de l’eau. C’est sans aucun doute une preuve de solidarité. Cela est important. Mais en réalité, nous n’éteignons pas le feu car nous ne réfléchissons pas aux moyens de lutter contre tous ces pyromanes qui veulent probablement mettre plus de feux en Europe. Nous n’avons pas suffisamment discuté de la façon dont nous allons passer de l’extinction d’incendies à la protection contre les incendies. 

 

Pour y parvenir, nous devons réfléchir au moins à trois choses. Premièrement, à de nouvelles ressources européennes novatrices pour le développement et le financement des mécanismes de soutien, mais aussi pour la lutte efficace contre la spéculation effrénée, comme la taxe sur les échanges des marchés financiers. Deuxièmement à la lutte contre la crise de l’endettement en apportant de nouveaux outils et une nouvelle détermination politique, comme les euro-obligations. Et troisièmement, la gouvernance économique : outre l’union monétaire que nous avons jusqu’à aujourd’hui, nous avons besoin davantage de gouvernance économique. L’union monétaire à elle seule, sans l’union économique et politique, a prouvé ses limites. La gouvernance économique devra inclure une coordination et une surveillance strictes afin que nos obligations communes soient appliquées fidèlement, mais aussi une coordination et un soutien à l’investissement dans les avantages de développement de chaque pays, au développement et à la création d’emplois dans l’UE tout entière.



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