La Politique
européenne de Sécurité et de Défense (PESD)
La Politique européenne de sécurité et de défense constitue le volet opérationnel de la PESC en matière d’opérations militaires et civiles de l’UE.
Jusqu’à la fin des années 90’, l’Union de l’Europe occidentale (UEO) était le seul cadre de coopération des pays européens dans le domaine de la défense. L’UEO est progressivement devenue le volet opérationnel de l’UE mais par la suite ses compétences et fonctions ont été reprises par l’UE. Aujourd’hui, son Assemblée parlementaire est le seul organe de l’UEO à demeurer opérationnel.
Les Traités de Maastricht et d’Amsterdam ont marqué un premier pas vers le développement d’une politique européenne de défense dans le cadre du deuxième pilier des actions de l’UE dans le but de créer un système de politique de défense commune. Les missions principales de l’UE entreprises dans le cadre de la PESD recouvrent des missions humanitaires et d’évacuation des ressortissants, des missions de maintien de la paix et des missions des forces de combat pour la gestion des crises y compris des opérations de rétablissement de la paix (« missions Petersberg »).
Le Sommet franco-britannique (St Malo 4.12.98) a donné un élan définitif au développement de la sécurité et de la défense européennes en 1998. Lors de ce sommet les deux pays sont convenus de la possibilité de développer une capacité d’action autonome de l’UE soutenue par des forces militaires crédibles.
Les capacités militaires de l’UE ont été initialement définies par le processus dit de l’Objectif global (Headline Goal) défini par le Conseil européen d’Helsinki (décembre 1999). Dans ce cadre, il a été prévu de créer, d’ici 2003, à travers des contributions volontaires, une force – un réservoir - militaire de 60.000 hommes capable d’être déployée dans la région de crise dans un délai de 60 jours et ce pendant un an.
Les menaces et les défis auxquels est confrontée l’UE ainsi que les objectifs à long terme dans le domaine de la PESD ont été repris dans la Stratégie européenne de sécurité, qui a été élaborée sous la présidence hellénique de l’UE en 2003 et constitue désormais le cadre de référence de la PESD.
Structures et organes de la PESD
La participation de la Grèce aux nouvelles politiques et structures militaires est pleine et entière. L’organe principal en matière de sécurité et de défense est le Comité politique et de sécurité (COPS) chargé de suivre la situation internationale et de soumettre des propositions au Conseil des ministres s’agissant des questions relevant de la politique étrangère. Pour ce qui est des questions relatives à la gestion politique des crises, le Comité militaire (chargé de soumettre des propositions à la COPS concernant des questions militaires) et l’Etat-major (sous l’autorité du Secrétariat général du Conseil) jouent un rôle important dans la gestion militaire des crises.
Le Centre d’opérations de l’UE, devenu opérationnel depuis le 1er janvier 2007, renforcera les capacités de l’UE dans le domaine de la gestion des opérations et des crises.
L’Agence européenne de défense, l’Institut d’études de sécurité ainsi que le Centre satellitaire de l’Union européenne jouent un rôle important dans le développement de la PESC.
Développement des capacités militaires et civiles
Les domaines prioritaires pour le développement des capacités civiles de l’Union européenne sont la police, le renforcement de l’Etat de droit, l’administration publique et la protection civile.
La création des Equipes d’intervention civiles (Civilian Response Teams) a été décidée pour renforcer les capacités de l’Union européenne en matière de gestion civile des crises. Ces équipes seront capables de se déployer rapidement et seront constituées d’experts aux multiples spécialités. A cette fin, 100 hommes ont été entraînés, dont trois Grecs.
Dans le domaine des capacités militaires, des groupements tactiques (battlegroups) de réaction rapide multinationaux ont été créés. En sa qualité de nation - cadre, la Grèce est à la tête d’un groupement auquel participent le Chypre, la Bulgarie et la Roumanie. Cette force est en alerte pour la seconde moitié de 2007 et sera à nouveau mise à la disposition de l’UE au cours du premier semestre de 2009. Par ailleurs, notre pays participe de concert avec le Portugal à un groupe de combat ordinaire pour des opérations amphibies dont les nations - cadre sont l’Espagne et l’Italie. Cette force deviendra opérationnelle au cours du premier semestre de 2009.
Le développement de la dimension maritime de la PESD à laquelle notre pays contribue de façon déterminante est particulièrement important pour la prévention efficace et la gestion des crises par l’UE. Le Centre de coordination multinational des transports maritimes stratégiques installé au Pirée est déjà à la disposition de l’UE et des Etats membres et la signature des accords y relatifs est imminente.
Les missions et les opérations de l’UE dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense
Depuis 2003, date de la première mission de l’UE dans le domaine de la gestion des crises (opération policière en Bosnie-Herzégovine/MPUE), les activités de l’UE en matière d’opérations au moyen d’instruments militaires ou civils sont de plus en plus nombreuses. La majorité des missions sont civiles et notamment policières. Au total, de 2003 jusqu’à aujourd’hui, 17 opérations (à caractère militaire et civil) ont été menées en Europe, en Afrique, au Moyen Orient et en Asie.
Sur les 10 opérations menées actuellement par l’UE, la Grèce participe à 6 opérations qui sont les suivantes :
Α. Opérations au moyen d’instruments militaires :
- Opération Althea en Bosnie-Herzégovine qui a comme objectif principal le maintien d’un environnement sûr et stable dans cette région.
Β. Opérations au moyen d’instruments civiles :
- Opération policière en Bosnie-Herzégovine (MPUE) dont l’objectif principal est de lutter contre le crime organisé.
- Opération de surveillance à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine visant à assister les autorités des deux pays dans la lutte contre le trafic illégal et le crime organisé et à améliorer les contrôles frontaliers.
- Action de soutien de l’UE à la mission AMIS de l’Union africaine au Darfour (Soudan)
- Opération aux territoires palestiniens ayant pour objectif la surveillance du point de passage de Rafah à la frontière avec l’Egypte.
Outre les missions actuelles, deux autres missions civiles sont prévues au Kosovo et en Afghanistan. L’action européenne au Kosovo, qui revêt une importance particulière pour la stabilisation de l’ensemble de la région, constitue une priorité pour notre pays.
Coopération avec d’autres organisations internationales
Relations UE - Nations Unies :
La coopération des deux organisations dans le domaine de la gestion des crises a été instituée en 2003. Après leur coopération initiale en Bosnie-Herzégovine et en République démocratique du Congo, l’UE et les Nations Unies ont coopéré en matière de gestion des crises dans de nombreux pays, notamment en Afrique. La position ferme de l’UE et de notre pays est la reconnaissance de la responsabilité première des Nations Unis pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Relations UE-OTAN :
La coopération entre l’UE et l’OTAN dans le domaine de la gestion militaire des crises est régie par les principes du respect du caractère différent des deux organisations et de leur autonomie dans la prise des décisions. L’opération militaire européenne ALTHEA en Bosnie-Herzégovine est appuyée sur les instruments et les capacités de l’OTAN sur la base des dispositions de l’accord « Berlin Plus ».
Coordonnées de la Délégation permanente UEO/Délégation au Comité
politique et de sécurité U.E.
Délégué permanent : M. Efstathios Lozos, ministre plénipotentiaire A’
Téléphone : (0032) 02 545.55.50
Fax : (0032) 02 545.55.66
E-mail : madee@skynet.be
Site du Secrétariat général du Conseil UE
http://ue.eu.int
Dernière modification : mars 2007